Le JDG #2 - L’art du rasage

Le JDG #2 - L’art du rasage

Cher journal,

J’ai longtemps cru que se raser était une affaire de cinq minutes.

Un peu d’eau, une lame, trois passages dans tous les sens et terminé.

C’était avant de comprendre pourquoi je finissais régulièrement avec le cou rouge et cette charmante sensation d’avoir embrassé un cactus.

Depuis, j’ai appris à prendre mon temps. Pas énormément, rassurez-vous. Mais suffisamment pour comprendre qu’un bon rasage commence bien avant que la lame ne touche la peau.

Et surtout, qu’il existe plusieurs façons de faire.

 

Le rasoir de sûreté : mon premier amour

C’est avec lui que j’ai réellement découvert le rasage traditionnel.

Le principe est assez simple : une lame double tranchant, montée sur un manche, qui permet un rasage précis tout en restant relativement facile à maîtriser.

Il faut simplement oublier une vieille habitude : appuyer.

La première fois que j’ai utilisé un rasoir de sûreté, j’ai naturellement fait exactement l’inverse. Résultat : une petite coupure sur la joue et une leçon d’humilité.

Depuis, je laisse simplement le poids du rasoir travailler.

Un passage dans le sens du poil pour commencer, puis éventuellement un second en travers pour obtenir un rasage plus précis.

Pas besoin de transformer son visage en chantier.

 

La shavette : quand je veux être précis

La shavette est une autre histoire.

Elle ressemble à un coupe-chou, mais fonctionne avec une lame interchangeable. Pas besoin de l’affûter : on change simplement la lame lorsqu'elle est usée.

Je l’utilise surtout pour travailler les contours de ma barbe et de ma moustache.

Elle demande un peu plus de précision, mais c’est justement ce qui fait son intérêt. On contrôle parfaitement son geste et on peut dessiner une ligne très nette.

C’est aussi le moment où je me prends généralement pour un barbier professionnel pendant quelques minutes.

Puis je me rappelle que je suis simplement dans ma salle de bain.

 

Et le coupe-chou ?

Le coupe-chou, lui, appartient à une autre catégorie.

C’est probablement l’outil le plus traditionnel des trois. Une lame fixe qu’il faut entretenir, affûter et savoir manier.

Il demande davantage d’apprentissage, mais c’est aussi ce qui fait tout son charme.

Je dois avouer que je n’ai pas commencé par celui-là.

J’aime beaucoup les beaux objets, mais j’aime encore plus garder mon visage intact.

Pour quelqu’un qui souhaite découvrir le rasage traditionnel, je conseillerais donc plutôt de commencer par un rasoir de sûreté, puis de passer à la shavette si l’on souhaite davantage de précision.

Le coupe-chou viendra ensuite, pour les plus aventureux.

 

Et finalement, la lame n’est pas le plus important

C’est probablement la chose que j’ai mis le plus de temps à comprendre.

Une bonne lame ne fera pas de miracle sur une peau mal préparée.

Avant de me raser, je commence donc toujours par préparer ma peau avec de l’eau tiède. Puis j’applique quelques gouttes d’Huile de Rasage Tonsor & Cie.

C’est là que tout devient beaucoup plus simple.

L’huile permet à la lame de mieux glisser sur la peau et limite les frottements. Le geste devient plus fluide et le rasage beaucoup plus confortable.

Avec une bonne préparation et une bonne lame, se raser devient presque un jeu d’enfant.

Presque.

Il faut tout de même rester concentré. Même un gentleman peut avoir un moment d’inattention.

 

Deux passages, pas dix

Ma méthode est aujourd’hui assez simple.

Un premier passage dans le sens du poil.

Il permet de retirer l’essentiel de la barbe sans agresser inutilement la peau.

Puis un second passage en travers du poil, pour obtenir un résultat plus net et couper au plus près de l’épiderme.

Je n’ai jamais vraiment compris ceux qui repassent leur lame quinze fois au même endroit en se demandant ensuite pourquoi leur peau est irritée.

Quand ça ne coupe plus, on ne repasse pas.

On prépare mieux la prochaine fois.

 

Et après le rasage ?

C’est là que j’ai longtemps fait l’erreur de m’arrêter.

Je rinçais mon visage, je séchais et je partais.

Aujourd’hui, je prends quelques secondes supplémentaires pour appliquer l’Aftershave Tonsor & Cie.

Après le passage de la lame, la peau mérite d’être apaisée. L’aftershave apporte une sensation immédiate de fraîcheur, aide à calmer la peau et lui apporte du confort.

Et il y a ce petit coup de froid.

Celui qui vous rappelle instantanément que vous venez de vous raser.

Une sensation que j’apprécie particulièrement le matin.

 

Finalement, le secret est assez simple

Je pensais autrefois que bien se raser nécessitait surtout une excellente lame.

Aujourd’hui, je dirais que c’est plutôt une question d’ensemble.

Une peau bien préparée.
Une bonne huile pour faciliter la glisse.
Une lame adaptée à son niveau et à ses habitudes.
Un geste précis, sans pression inutile.
Et un bon aftershave pour terminer.

Le reste vient avec la pratique.

On prépare la peau.

On prépare la lame.

Et pendant quelques instants, on ne fait rien d’autre que se raser.

Je crois que c’est peut-être ça, finalement, le vrai luxe...

À bientôt !

Le Gentleman

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